Chercheurs étudiants
 

Marie Anne La Haye


Étudiante à la maîtrise en études littéraires
Université du Québec à Montréal
Sous la direction de Daniel Chartier
marie.anne.haye@gmail.com

Titre du mémoire: «Les lieux de l'hivernité et leur relation à la nostalgie dans quatre romans québécois publiés de 1983 à 2014»

La représentation de l'hivernité est un champ de recherche émergent. Pourtant, il y a déjà plusieurs études qui s'intéressent à sa fonction particulière dans les récits. Dans ce mémoire, nous étudierons quatre romans publiés depuis les années 1980 — La Québécoite de Régin Robin, Passages d'Émile Ollivier, La danse juive de Lise Tremblay et L'enfant hiver de Virginia Pésémapéo Bordeleau — de montrer que, depuis le courant des écritures migrantes, les lieux de l'hivernité, dans la littérature québécoise, sont propices à la nostalgie du lieu natal. Il s'agira, dans notre mémoire, de nous interroger sur les liens entre les représentations de l'hivernité et de la nostalgie. Nous tenterons d'abord de définir ce mal du pays, notamment en montrant qu'il est lié à l'irréversibilité du temps. Nous verrons donc comment cette irréversibilité du temps crée une nostalgie du passé dans le présent (Jankélévitch, 1974). Ce qui nous amènera à explorer la notion de «présentisme» (Hartog, 2003) qui définit la nostalgie comme un acteur du présent. C'est-à-dire que la nostalgie se situe dans le présent, dans le souvenir du passé. Ce «présentisme» se manifeste dans les représentations de l'hivernité. Ces dernières, à travers tout un imaginaire, comme le temps qui semble s'arrêter en hiver et la solitude liée à la saison froide qui revient chaque année (Hamelin, 2000), se posent comme un lieu propice à la nostalgie.

En séparant notre corpus en deux, nous aborderons d'abord les deux romans issus du mouvement des écritures migrantes, ceux de Régine Robin et d'Émile Ollivier, puis ceux publiés après ce courant, ceux de Lise Tremblay et de Virginia Pésémapéo Bordelau. Cela nous permettra de distinguer la représentation de l'hivernité en ville, qui se pose comme un non-lieu, et celle en région qui se manifeste comme un lieu. Pour ce faire nous devrons élaborer une définition du lieu (Daniel Chartier, Yi-Fu Tian et Marc Brosseau) pour ensuite définir le non-lieu selon Marc Auger. Nous verrons ainsi comment l'hivernité montréalaise s'apparente à un lieu de passage qui permet l'apparition de la nostalgie. Nous pourrons ensuite relever comment la région québécoise se pose plutôt comme un lieu natal de l'hivernité grâce à son hiver blanc et pur.

Dans un quatrième temps, nous entendons examiner l'emplacement géographique des lieux natals afin de comprendre leur influence sur la représentation des lieux de l'hivernité. Nous montrerons d'abord comment, au sein du corpus, il y a des différences géographiques et climatiques d'un lieu natal à un autre. Par ailleurs, nous tenterons de montrer que la représentation de Montréal, dans l'ensemble du corpus, démontre l'importance de cette ville dans la littérature québécoise. Ainsi, cette étude des représentations des lieux de l'hivernité au sein de quatre romans québécois révélera un imaginaire des lieux hivernaux diversifiés, de la ville à la région, où le retour de l'hiver chaque année permet à la littérature de suspendre le temps du récit nostalgique pour évoquer le passé.


Communications

«Le Red Light de Montréal (1930-1955): Entre l'inhibition et la clandestinité», colloque étudiant organisé dans le cadre du séminaire L'idée du lieu donné par Daniel Chartier, Université du Québec à Montréal, avril 2016, Montréal, Québec.

«L'élaboration d'un lieu. La nostalgie de l'hiver dans la littérature québécoise depuis les années 1980», Rendez-vous de la recherche émergente du CRILCQ, colloque organisé par le CRILCQ, mars 2016, Montréal, Québec.

«Le lieu de l'hiver: analyse de l'influence des écrivains migrants sur l'écriture de l'hiver dans la littérature québécoise», Deuxième table ronde internationale de la recherche sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique en collaboration avec l'Université Paris-Sorbonne et avec le soutien du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises, Université du Québec à Montréal, octobre 2015, Montréal, Québec.