Mémoires et thèses déposés
 


Adina Ruiu

«Le discours sur le Nord au XVIIe siècle : de l’expérience du voyageur à l’expérimentation scientifique», mémoire de maîtrise en études littéraires, Université du Québec à Montréal, 2006.

On peut télécharger l'intégralité du mémoire sur le dépôt numérique Archipel, en suivant ce lien.


Résumé du mémoire: Dans ce mémoire, je vise à analyser, d’un côté, les fondements épistémologiques et les cadres textuels qui ont permis la circulation des références entre la littérature de voyage au Nord et les œuvres philosophiques du XVIIe siècle, et, de l’autre côté, la façon dont ces interférences dessinent les contours imaginaires d’un territoire à la fois intégré dans la nécessaire constance des lois physiques et réservé à l’exception aliénante. Deux éléments favorisent l’ouverture du discours scientifique au témoignage du voyageur : l’historicisation de l’expérience dans le cadre de la philosophie de la nature et le statut particulier de la relation de voyage au Nord, qui rend compte d’une réalité inaccessible autrement qu’à travers le texte.

Située au carrefour de deux approches méthodologiques, l’une offerte par l’histoire culturelle et sociale des sciences, l’autre par l’analyse textuelle des relations de voyage, cette étude se propose d’identifier les lieux communs qui fondent le discours sur le Nord au XVIIe siècle à travers les références aux relations de voyage idéntifiées dans les ouvrages d’astronomie, d’optique et d’histoire de la nature. Les résultats de l’observation du ciel acquièrent une portée polémique dans le contexte copernicien, tandis que les observations liées au froid partent du constat d’inconsistance des différentes théories, aristotélicienne, stoïcienne, cartésienne, corpuscularienne. Le froid est un phénomène essentiellement lié à la naissance de la chimie comme discipline scientifique, se distinguant des pratiques magiques et alchimiques. L’importance théorique et polémique des références au Nord permet souvent la lecture des textes choisis en tant que paraboles épistémologiques.

L’attention réservée à l’étude de l’illusion optique, ainsi que l’impossibilité de reproduire le phénomène physique que le Nord est appelé à illustrer, le froid, assurent la perméabilité du discours scientifique à l’anomalie et à la merveille. Ainsi, le transfert de la référence territoriale à la référence phénoménale projette le Nord dans l’imaginaire.